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L'EMPORTE-VOIX

 

Intervention théâtrale et sonore

créée sur mesure pour les rues de votre village

 

emportevoix visuel

 

 

 

 

Un temps de rencontre...

Nous, gens d’ailleurs, allons absorber comme des éponges les mémoires, les sensations, les émotions, (...) :

Temps de rencontre individuels avec des habitants de tous âges, et enregistrement de leur parole ;
Temps de rencontre avec un village habité, marqué, par ses occupants.

Nous intéresse non pas ce qu’ils ont fait mais qui ils sont, comment ils habitent leur territoire et sont habités par lui.

 

... et un temps de restitution.

Après passage au tamis de cette matière brute récoltée, composition de dialogues fictifs, conception d’une mise en rue,

un temps de restitution est proposé :“Mettez vos yeux dans vos oreilles”...
Sur le seuil d’une salle, le public est accueilli par des guides, récolteurs de paroles de la Coopérative des voix.

Ces derniers proposent pour commencer une écoute de voix du village (“collectes classées monuments phonotiques”) dans la pénombre.

Suivra une promenade guidée en petits groupes dans le village pour écouter aux portes et, pour finir, un partage gustatif d’après une recette locale fournie par un(e) habitant(e).

 

 

 

 
 
 
 

 

 

 

 

NOTE D’INTENTION 

 

Cette intervention, réalisée en 2011/2012 pour le village de Portel-des-Corbières (11), nait suite à la carte blanche offerte à la compagnie L’Eléphant Vert
par le Parc Naturel Régional de la Narbonnaise,  dans le cadre des Archives du sensible : « Les Archives du sensible (ADS) ont pour but de recueillir les paroles vives de ceux qui,
habitant le territoire autant qu’habités par lui, « … » ont constitué l’identité du territoire. Véritables arpenteurs de mémoire, les membres de l’équipe des ADS explorent, restituent et transmettent par une
production éditoriale féconde et multi support (écrit, son et image), les richesses d’un patrimoine matériel et immatériel, afin de porter un regard neuf, créateur de sens, sur le territoire. Le patrimoine n’est pas figé, il se réinvente jour après jour… ».

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Guidés depuis de nombreuses années par le plaisir du son, élément moteur de nos créations, nous récoltons ici avec gourmandise les voix, sensibles autant aux paroles et leurs sens qu’au tapis volant qu’est l’accent  régional qui les met en mouvement :  
Les paroles sont de la musique” (J.M.G Le Clésio).  


Nous proposons d’offrir des Portraits sonores de villages, une « photo sonore » d’un moment du village : comment est-il habité, teinté, transformé par ses occupants? Comment et pourquoi habite-t-on un lieu, l'investit-on d'une part de nous même, et comment devient-il point de gravité de notre quotidien?

Restitution subjective, même s’il est essentiel pour nous de rester fidèles aux paroles confiées. Tentative de révéler un « point d’écoute » à l’instar d’un « point de vue »...
Nous ne prenons pas ces paroles pour les « expatrier » mais pour les faire entendre dans leur contexte et leur offrir un nouvel angle d’écoute, aux oreilles et aux yeux de tous : après avoir écouté et enregistré individuellement les paroles d’habitants, nous construisons des dialogues qui seront restitués, donnés à entendre sur le pas des portes du village.

Les histoires vraies, vécues et dites par les habitants eux-mêmes, sont la matière vivante chaque fois renouvelée des représentations théâtrales et sonores de « L’Emporte-voix ».
Les voix des habitants deviennent actrices, les formes et les couleurs du village constituent le décor, …

La parole nécessite d’ouvrir la bouche, la rencontre demande qu’on ouvre la porte.


 

 

 

 

NOTE DE MISE EN SCENE

Réceptacles, nous sommes aussi amplificateurs et metteurs en scène des ces histoires confiées.
Fidèles à notre démarche « théâtre et son », où le son stimule l’imaginaire et crée l’image, nous utilisons les rues du village pour y inscrire « le paysage de voix récoltées » :
Un à deux personnages de guides et un personnage fictif « local» (que nous créons en fonction de l’identité du village et interprété par un/e comédien/ne), nous permettent de tisser un lien de porte en porte.

Nous intégrons également au moins un élément fort du patrimoine matériel ou géographique, mais surtout nous jouons chez (cadre de fenêtre, pas de portes…) et avec les habitants, pour l’occasion auteurs et acteurs d’eux-mêmes. (Un à deux habitants se prêtant au jeu et nous permettant ainsi ponctuellement de passer du différé au direct, jonglant avec ces deux modes de diffusion).

“L’Emporte Voix” est une forme adaptée et réservée aux rues des villages (maximum 2000 habitants et possédant une école), visant à stimuler une circulation entre les habitants, tant par le flux verbal que par le flux pédestre.

 

Rétablir le flux de la parole partagée pour réactiver le flux entre l’Espace public et l’Espace privé...

 

Nous voilà sur le seuil de la porte…….

 

 

CRITIQUE DE SYLVIE T., SPECTACTRICE DE L'EMPORTE VOIX DE PORTEL-DES-CORBIERES, le 1er avril 2012

"Milieu d’après-midi, déjà estival. A travers les vignes je glisse sur le ruban goudronné vers Portel des Corbières.
Pour entendre des voix ouvrir les portes de la mémoire d’un village, rendez-vous est donné salle Chantefutur, voilà qui est déjà réjouissant.
elephantvert_portel4 En haut de l’escalier, on entre dans les voix comme on entre dans la mer. Voix chaleureuses et animées qui suggèrent davantage une fête de famille qu’un regroupement d’avant spectacle. A elles se mêlent d’autres voix, pour l’heure sans corps visible, fragments d’enregistrements réalisés au fil des mois 2011 par la compagnie L’éléphant vert auprès d’habitants du village. Ces personnes de tous âges qui habitent une porte racontent ce qu’évoque pour eux ce mot. Le nom de PORTEL a pour origine le mot latin "Portelus" (petite porte) en raison de l'étroite ouverture rocheuse par où s'écoule la Berre dans la plaine vers les étangs, et qu'enjambe le pont de Tamaroque.Les voix d’enfants en disent bien davantage que les voix plus adultes sur cette notion, et avec quelle richesse d’entendement !
Les stars d’un jour ont traversé plus de quatre vingt printemps mais ont l’énergie de la sève en cette saison. « Vous me vieillissez ! » reproche malicieusement l’une d’entre elles à la personne venue lui proposer une chaise.
 

Marion Thiba prévient : « il ne s’agit pas d’un spectacle mais d’une expérience. L’expérience, le mouvement même de la vie.» Me voilà de plus en plus réjouie. « Il est habituel de protéger le patrimoine matériel, mais il existe aussi un patrimoine immatériel dont la mémoire fait partie », précise MarionThiba qui depuis longtemps en prend soin. « La compagnie L’éléphant vert nous propose aujourd’hui une action artistique de conservation de ce patrimoine immatériel.»
L’expérience se déroulera en deux temps : dans la pénombre d’une salle aux fenêtres obturées pour nous aider « à mettre nos yeux dans nos oreilles », nous écouterons d’abord un montage de dix minutes réalisé à partir d’interviews d’habitants de Portel. S’en suivra une déambulation dans le village mise en forme comme une succession collective d’oreille collée aux portes grâce à un « capteur de sons » permettant de saisir des bribes de conversations privées qui se tiennent derrière les portes closes.

 

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                                                                                                    repérés !

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elephantvert portel7 Au détour d’une rue, à un premier étage, la présence remplace l’enregistrement, le cadre d’une fenêtre pour cadre de scène. Quel dommage que cela n’arrive qu’une fois au fil du parcours !  
Au cours de ces deux temps se dit et se raconte l’Histoire du village à travers des histoires et des anecdotes personnelles que la mémoire réactive. Histoires individuelles, histoires et Histoires collectives. Bonheur de l’avoir vue, une fois dans sa vie, d’avoir été là quand La Berre eut son lit à sec – très beau moment, la présence d’une comédienne sur le bord de la rivière donnant corps à cette voix qui ouvre la porte d’un jardin secret.  Avoir aimé son travail d’employée de la poste, avoir su atténuer l’impact d’une nouvelle quand celle qu’on apportait était mauvaise. Avoir participé au mouvement collectif de création d’une coopérative viticole. A 11 ans prévenir la maîtresse qu’on manquerait l’école pour aider à la vigne.        « Maintenant, les jeunes ils n’y vont plus à la vigne, non, ils n’y vont plus. »
 
Se dit aussi l’histoire en construction en évoquant les perceptions et les réactions personnelles confrontées à l’évolution du village : anciens et nouveaux habitants, besoin et non besoin des petits commerces en disparition. « On vit mieux maintenant, mais je préférais la vie d’avant » regrette dans un enregistrement une habitante ancienne. elephantvert_portel6  
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L’expérience est probante, émouvante et précieuse. Je la perçois comme un très beau point de départ à une démarche qu’il serait important, voire vital, de développer et d’enrichir, puis de colporter dans d’autres villages. Ouvrir les portes du passé pour mieux entrer dans l’avenir en se tenant sur le seuil du présent."  

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Distribution :
Direction artistique, conception, recueil de paroles, écriture théâtre et son : Claire Madelénat et Pierre Delosme
Interprètes : Claude Lecat, Claire Madelénat et Pierre Delosme
Régie son balade : Daniel Bardou
Mastering :  Ali Laouamen - Studio Koala

Diffusion:Cerise Praxy

et bien sûr les habitants du village...      

 

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L'emporte-voix a été présenté à Portel-des-Corbières en 2012 et à Sommières 2013.


 

 

 

 

 

L'Eléphant vert - Compagnie théâtre de rue/street theatre / Arts de la rue